Reliure à la grecque en maroquin citron aux armes royales, avec décor d'entrelacs et de rinceaux dessinés à la plume
Paris, atelier du relieur du roi
entre janvier et décembre 1560.
Recueil d'ordonnances royales concernant les amortissements (1368-1441), [suivi de] Fiefs du baillage de Rouen et de Caen, [suivi de] Charles VII, roi de France. Actes (1443-1460), [suivi de] Ordonnance sur la Chambre des Comptes (1491), 295 x 220 mm.
BnF, Manuscrits Français, 5290.
© Bibliothèque nationale de France
Technique très inhabituelle en reliure, le modèle a d'abord été esquissé à la pointe sèche à l'aide d'un modèle fixé aux quatre coins des plats par des épingles, puis repris à la plume avec quelques variantes dans le tracé, mais les rinceaux du dos paraissent avoir été dessinés à main levée.
Les cuirs du cartouche central, la couronne royale, les feuillages et les cornes d’abondance ont été légèrement rehaussés d’ombres qui donnent à l’ensemble un relief exceptionnel. L’originalité du dessin et la qualité de son exécution désignent ici un maître, mais il est difficile, en raison de l’extrême rareté de cette technique sur des reliures de cuir, de la comparer à des productions semblables, puisque seulement quatre autres manuscrits de la Bibliothèque royale sont décorés de la même manière.
Le parti esthétique choisi, pour cette reliure comme pour les quatre autres, reste cependant énigmatique. Il paraît invraisemblable que ce choix puisse être dû, dans un atelier de ce niveau, à une cause matérielle comme l’absence temporaire d’outillage et de feuilles d’or ou une rupture provisoire dans l’organisation de l’atelier. Il faut donc en chercher la raison dans un souci particulièrement poussé d’originalité qui n’a pas eu de suite – ou dans l’intervention occasionnelle d’un dessinateur ne connaissant pas le maniement des fers à dorer et décidé à mettre lui-même en oeuvre un de ses modèles ?
À part les armes royales, la reliure ne porte aucune trace d’appartenance particulière à François II ou à Charles IX, lequel succède très rapidement à son frère. (M.-P. L.)
 
 

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