Le Y pythagoricien 3
Geoffroy Tory, Champ fleury. Au quel est contenu lart et science de la deue et vraye proportion des lettres attiques, quon dit autrement lettres antiques et vulgairement lettres romaines, proportionnees selon le corps et visage humain
Geoffroy Tory et Gilles de Gourmont, Paris, 1529.
Livre imprimé sur papier. 2o. Reliure en veau marbré, XVIIIe siècle
Provenance : « ex libris sancti Joannis Carnutensis [Chartes ?] 1709 » ; saisie révolutionnaire ?
Paris, BnF, Réserve des livres rares. Rés. V. 516, f. 63v°-64r°
© Bibliothèque nationale de France
Tory propose ici une seconde représentation du Y pythagoricien décrit à partir du feuillet 61v°. La signification morale des deux branches de la lettre n’est plus exprimée par des objets symboliques mais par des scènes figuratives associant des éléments pittoresques aux animaux allégoriques du premier chant de l’Enfer de Dante. À gauche, un personnage gravit aisément un escalier plein de promesses sans se douter que le chemin le conduira au bûcher infernal. À droite, un autre personnage n’hésite pas affronter les animaux dantesques pour atteindre la gloire et la vertu. En esquissant un paysage dans un Y, Tory invente avec beaucoup d’originalité une zone graphique intermédiaire entre typographie, support mnémotechnique et figuration. Encore une fois, la mise en page prolonge l’invention visuelle : répondant aux diagonales du Y, la disposition du texte apparaît comme un étonnant piédestal. La page devient une œuvre d’art.
 
 

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