Lettres tourneures et lettres arabiques
Geoffroy Tory, Champ fleury. Au quel est contenu lart et science de la deue et vraye proportion des lettres attiques, quon dit autrement lettres antiques et vulgairement lettres romaines, proportionnees selon le corps et visage humain
Geoffroy Tory et Gilles de Gourmont, Paris, 1529.
Livre imprimé sur papier. 2o. Reliure en veau marbré, XVIIIe siècle
Provenance : « ex libris sancti Joannis Carnutensis [Chartes ?] 1709 » ; saisie révolutionnaire ?
Paris, BnF, Réserve des livres rares. Rés. V. 516, f. 75v°-76r°
© Bibliothèque nationale de France
Ces feuillets mettent en regard une graphie médiévale du latin nommée « tourneure » en raison de ses formes arrondies et un alphabet d’inspiration arabe dont le nom insiste surtout sur la valeur exotique : « Lettres Persiennes, Arabiques, Aphricaines, Turques et Tartariennes ». Cette présentation, qui place sur le même plan toute sorte d’alphabet, aboutit donc à une sorte de relativisme de la lettre. À l’opposé du travail de légitimation et de codification des lettres « attiques » mené dans le reste du livre, la succession continue des planches ramène les alphabets à des tracés arbitraires évoluant en fonction du temps, du lieu et de la volonté du scripteur. Le principe de plaisir attaché au jeu graphique n’est plus canalisé, comme souvent dans le reste du livre, mais clairement revendiqué dans une apologie de la plasticité et de l’invention.
 
 

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