Lettres fantastiques et lettres volontaires
Geoffroy Tory, Champ fleury. Au quel est contenu lart et science de la deue et vraye proportion des lettres attiques, quon dit autrement lettres antiques et vulgairement lettres romaines, proportionnees selon le corps et visage humain
Geoffroy Tory et Gilles de Gourmont, Paris, 1529.
Livre imprimé sur papier. 2o. Reliure en veau marbré, XVIIIe siècle
Provenance : « ex libris sancti Joannis Carnutensis [Chartes ?] 1709 » ; saisie révolutionnaire ?
Paris, BnF, Réserve des livres rares. Rés. V. 516, f. 77v°-78r°
© Bibliothèque nationale de France
La succession des abécédaires se poursuit avec deux alphabets fictifs : les « lettres utopiques et voluntaires » reprises à l’Utopia (1516) de Thomas More et les « lettres fantastiques » probablement inspirées de l’alphabet figuré d’un art de mémoire. Comment comprendre un tel choix ? Outre la recherche d’insolite, le nom des lettres indique clairement une valorisation de l’imagination : « fantastique » renvoie à la puissance de la fantaisie et « voluntaires » signifie « crées par la volonté ». Mais l’absence d’alphabet anthropomorphe au profit d’un abécédaire « fantastique » constitué essentiellement d’outils invite aussi à voir dans ce choix graphique une valorisation de l’art. Tory forge des lettres au moyen d’outils pour mieux montrer à quel point les lettres sont effectivement des outils aux usages infinis.
 
 

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