patience...

Denise Colomb
Nicolas de Staël, 1954.

Denise Colomb, française, est née en 1902. Elle est, avec Rogi André, une des plus grandes portraitistes du milieu du siècle. Le portrait d'Antonin Artaud, dont elle saisit l'expression angoissée, est le premier de ses portraits d'artistes. Après l'avoir réalisé, elle a raconté comment elle avait vécu ce moment : "Il changeait tout le temps d'expression. J'avais à peine le temps d'armer et d'appuyer. Ses mains étaient aussi tragiques que son visage. On aurait dit qu'il avait des menottes. J'étais bouleversée."
Elle s'est ensuite rendue pendant des années dans les ateliers, à la rencontre des peintres et des sculpteurs pour interroger sans cesse le mystère de la création artistique, sur leurs traits comme dans le désordre de leur atelier.
Le portrait de Nicolas de Staël rend compte de sa personnalité inquiète. Il a le regard perdu dans des horizons lointains, comme ceux qu'il a souvent représentés sur ses toiles. Denise Colomb a défini cette rencontre comme le grand choc de sa carrière.
Le portrait de Françoise présente un autre intérêt. En utilisant la technique de la solarisation inventée par Man Ray, Denise Colomb a voulu imiter la technique du dessin avec la photographie et, comme Rogi André, a voulu dessiner avec la lumière un portrait dans le style de Picasso, où la vision de profil se mêle à la vision de face.