Le Traité des vertus démocratiques

Le Traité des vertus démocratiques se caractérise par de petits textes concis, isolés les uns des autres, présentés sur des feuillets indépendants. La rédaction s’élabore autour d’aphorismes de style proverbial. La présentation matérielle, le ton catégorique de la définition, le présent atemporel, l’éviction des instances d’énonciation…tout rappelle la valeur universelle de la sentence morale, du texte législatif ou de la maxime sapientiale, à l’instar du Tao të King ou de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, entre lesquels le Traité tente de jeter un pont idéologique.
   



En effet, ce texte propose un dépassement dialectique de la quête révolutionnaire et de la quête métaphysique. Expression d’un traumatisme historique et personnel, il rétablit le lien entre le militant trotskyste des années trente et le " sceptique " déstabilisé par les conflits intellectuels ayant précédé et suivi la seconde guerre mondiale. Ce texte, resté inachevé, devait comporter trois temps : " l’un plutôt historique et laïque, affirmatif et positif ", le second " plutôt mystique et annonciateur, dialectique " et le troisième " métaphysique ".

En cela, le Traité des vertus démocratiques s’inscrit dans la longue réflexion sur l’Histoire menée par Raymond Queneau.