Notes du conteur

Le Roman de Renart
Texte établi et traduit par Jean Dufournet et Andrée Méline
GF-Flammarion, 1985. Tome 2, p. 379-381
 
   
Je ne dois pas vous cacher plus longtemps
que dans ce village se trouvait la demeure
d'un paysan plein aux as :
si le livre où j'ai trouvé cette histoire
dit la vérité,
d'ici jusqu'à Troyes-la-petite
il n'y en avait pas d'aussi cossu.
Sa maison, entourée d'une clôture,
était abondamment pourvue
de tous les biens de la terre,
tant en vaches, boufs
et brebis qu'en lait et en oufs,
et en produits de toutes sortes.
Des poules et des poulets
il y en avait à revendre.
Renart sera là à son affaire...
du moins s'il parvient à y entrer ;
mais, parole d'honneur, je pense
qu'il va se morfondre dehors
car le jardin et la maison
étaient complètement entourés
de gros pieux aiguisés et hauts ;
de plus, un ruisseau courait tout autour.
À l'intérieur de l'enclos, poussaient, sachez-le,
mille variétés de petits arbres,
tous chargés de fruits.
Quelle magnifique demeure !