Le Roman de Fauvel

Au début du XIVe siècle, Gervais du Bus écrit l’histoire de Fauvel, un âne devenu roi. Véritable pamphlet contre l’ordre établi et contre Philippe le Bel, le Roman de Fauvel décrit un monde à l’envers où les hommes se conduisent comme des bêtes.
   

C'est un âne réunissant en lui les pires défauts que met en scène le Roman de Fauvel. Son nom est l’acronyme de six de ses vices : Flatterie, Avarice, Vilenie, Variété (inconstance), Envie, Lâcheté. Fauvel a acquis le pouvoir par la fourberie et tous, du prince au simple vilain, s’affairent autour de lui pour le "torchier" (l’étriller, le flatter) et obtenir ses faveurs. Il fait tout à l’envers : châtie les innocents et récompense les hypocrites.
Rédigé entre 1310 et 1314 par Gervais du Bus, chapelain d’Enguerrand de Marigny, ministre du roi Philippe IV le Bel, cette œuvre est une critique politique d’une rare virulence qui vise le roi et son conseiller, et dénonce l’abus de pouvoir et la corruption de la cour.

 
  

Le Roman de Fauvel est surtout connu par une version (vers 1316-1320) qui est un remaniement du texte original, auquel ont été ajoutés près de trois mille vers et cent cinquante insertions lyriques. Cette version serait l’œuvre de clercs de la chancellerie royale.

L’histoire paraît avoir connu un grand succès : il en subsiste douze  manuscrits, ce qui suffit à attester son caractère de best-seller, et d’autres histoires sont directement dérivées du poème de Gervais du Bus.

feuilletoir