Parodie animalière de la guerre de Troie
Le Grand combat des ratz et des grenouilles.
Lisez, Françoyz, ce petit livre neuf, traduict du grec l'an cinq cens trente neuf
. Traduit par Antoine Macault
Paris, C. Wechel, 1540. In-4o, 8 f.
BnF, Réserve des livres rares, Rés. Ye. 321
La Batrachomyomachie, c'est-à-dire le Combat des rats et des grenouilles est une parodie de l'Iliade, écrit à l'imitation d'Homère, avec son style. Les rats sont les Grecs, Rongecroûte le Ménélas, Rognerapine l'Achille ; les grenouilles sont les Troyens et Maxigoître le Pâris. Beaucoup de pensées et d'expressions qu'Homère applique aux choses les plus sérieuses y sont tournées en dérision. Les descriptions se répondent d'un texte à l'autre. Ainsi les armures des grenouilles et des rats correspondent-elles à celles des héros homériques. Les dieux mêmes sont parodiés : Zeus lance la foudre pour sauver les grenouilles comme il le fait au chant VIII de l'Iliade pour sauver les Troyens.
« Muses daignez abandonner les hauteurs de l'Hélicon, venez dans mon âme m'inspirer mes vers. Mes tablettes sont placées sur mes genoux, je vais apprendre à tous les hommes une grande querelle, ouvrage terrible du dieu Mars : comment les rats marchèrent contre les grenouilles, comment ils imitèrent dans leurs exploits ces mortels qui passent pour être les géants fils de la Terre.
Voici quel fut le principe de la guerre :
Un jour un rat échappé aux poursuites d'un chat, et pressé par la soif, se désaltérait au bord d'un étang. Son menton velu trempait dans l'eau, dont il se gorgeait à plaisir. Une grenouille, heureuse habitante de ces marais, habile à croasser sur plus d'un ton, l'ayant aperçu lui parla ainsi :
"Etranger, qui donc es-tu ? quel pays as-tu quitté pour venir sur nos bords ? qui t'a donné le jour ? Prends garde à ne pas déguiser la vérité. Si tu me parais mériter mon affection, je te conduirai dans ma demeure, et je te ferai les présents de l'hospitalité. C'est Physignathe ("Maxigoître") qui te parle. Je suis la reine de cet étang ; j'y suis honorée comme telle, et j'ai toujours régné sur les autres grenouilles. […] »

Traduction Ernest Falconnet (1815-1891). Texte intégral sur remacle.org
 
 
 
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