D'après Hyacinthe Rigaud
Jean de La Fontaine (1621-1695)
Portrait d'après la peinture de Hyacinthe Rigaud, 1690. Burin et eau-forte.
Publié dans Les Fables de La Fontaine. Paris : impr. de l'École Estienne (spécimen typographique de l'école Estienne), 1900.
BnF, Littérature et art, GR FOL-YE-4, f. 1
De La Fontaine, on ne retient souvent que les Fables. Elles sont le chef-d'œuvre de l'écrivain, bien sûr, mais aussi l'aboutissement d'un cheminement poétique aux multiples détours : détour par la poésie élégiaque, dans Adonis ou l'Elégie aux nymphes de Vaux ; détour par des récits poétiques mêlant la prose aux vers, tels Le Songe de Vaux ou Psyché ; détour enfin par les Contes, à la versification irrégulière et au parfum sulfureux. La Fontaine est d'autant plus inconstant qu'il est constamment en quête de renouvellements poétiques : "Il me faut du nouveau, n'en fût-il plus au monde". C'est paradoxalement dans le genre le plus traditionnel qui soit, la fable, qu'il trouve un espace de liberté et d'invention à sa mesure. La Fontaine s'y efforce, comme tout bon classique, d'instruire et de plaire, mais à sa manière : en moraliste sans illusion, dont l'ironie souriante invite à la lucidité ; en conteur qui fait éclater les limites de l'apologue à force de verve, de charme, de variété. Son naturel, sa nonchalance, son apparente simplicité, sont le fruit d'un travail qui efface ses propres traces. La Fontaine crée ainsi un univers fait de netteté et de transparence. Chaque fable s'impose au lecteur comme un objet dense et subtil, donnant à voir et surtout à comprendre, bien plus qu'à rêver.
 
 
 
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