Roman de Renart
1. Renart, rentré chez lui, retrouve sa femme Hermeline à qui il prépare l'oiseau qu'il a capturé et raconte comment il s'est joué de Tibert le chat
2. Renart qui s'est introduit dans la ferme de Constant des Noues tente d'attirer à lui les poules qui picorent devant lui, protégées par une solide clôture
Nord de la France, début du XIVe siècle
Parchemin (157 ff., 27,8 x 19,5 cm)
BnF, Manuscrits, Français 12584 fol. 59
Les premiers démêlés de Renart avec les bêtes de la basse-cour prêtent à rire. Le goupil incarne la ruse et l'astuce, l'agilité du corps et de l'esprit. Selon les recherches récentes s'affirme là une forme idéalisée de l'esprit bourgeois naissant par opposition à la force brutale du chevalier féodal.
« ... Il arrive que Renart, ce méchant drôle, qui a plus d'un tour dan son sac, se dirige vers une ferme. Elle regorge de poules et de coqs, de canes et de canards, de jars et d'oie. Le maître, Constant des Noues, habite tout près de la clôture dans une maison où il ne manque de rien, ni de viande salée, ni de jambons, ni de blé, ni de fruits de toutes sortes. Il a enfermé ses poules dans un jardin bien clos de gros pieux pointus et renforcé d'un buisson d'aubépines. Sans bruit, tête baissée, Renart se dirige de ce côté. Mais trop robuste, la haie contrarie ses projets : impossible d'en venir à bout, même en se cachant ou en sautant ! Or voici qu'il aperçoit à l'angle de la clôture un pieu brisé qui lui permet de se glisser à l'intérieur. Il traverse la clôture et se laisse tomber comme une masse pour ne pas être vu. Mais les poules l'ont vu chuter et chacune s'empresse de s'enfuir.
...
Messire Chanteclerc, le coq, s'était juché sur un tas de fumier. Il va au-devant d'elles, fier et majestueux, les pattes emplumées, le cou dressé, et leur demande pourquoi elles fuient la maison.
– "Nous avons eu peur, dit Pinte, la poule la plus savante. Je ne sais quelle bête sauvage avons-nous vue qui ne tardera pas à nous faire du mal."
– "Ce n'est rien du tout, répond le coq, n'ayez aucune crainte. Ici vous êtes en sécurité.
– "Par ma foi, reprit Pinte, je l'ai vu. Je l'ai bel et bien vu, je vous le jure. J'ai vu la clôture remuer."
– "P inte, dit-il, n'insistez pas. Vous n'avez rien à craindre. Je ne connais pas de putois ni de goupil assez audacieux pour pénétrer dans le potager. C'est une plaisanterie. Retournez où vous étiez". Et Chanteclerc de retourner sur son tas de fumier. ... »
 
 
 
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