Roman de Renart
1. Renart, qui détient Chantecler, est poursuivi par les paysans
2. Renart est rattrapé par Constant et Malvoisin le mâtin (chien)
Dessins marginaux additionnels
Nord de la France, début du XIVe siècle
Parchemin (157 ff., 27,8 x 19,5 cm)
BnF, Manuscrits, Français 12584 fol. 61
« ... Quand le soir tombe, la brave fermière veut faire rentrer ses poules. Elle les appelle mais aucune n'arrive. Elle appelle le coq et voit soudain Renart qui l'enlève et s'enfuit ! Elle s'empresse de le secourir mais n'y parvenant pas, elle décide de crier. "Au secours ! Au secours !" hurle-t-elle. Les paysans qui l'entendent se précipitent vers elle, lui demandant ce qui arrive.
– "J'ai perdu mon coq, leur dit-elle. Renart l'emporte! Il est parti par là."
"Par là, par là, s'écrient les paysans qui s'élancent après le goupil. Constant leur dit : "Vite ! poursuivez-le !" tandis qu'il siffle son chien Malvoisin. Quand enfin ils l'aperçoivent tous s'écrient : "Le voilà ! Le voilà !"
Chantecler sent bien qu'il est perdu s'il ne trouve pas un ruse.
– Seigneur Renart, lui dit-il, n'entendez-vous pas ces injures que vous lancent ces paysans. Constant vous talonne, lancez-lui un de vos bons mots.
Cette fois c'est Renart, trompeur universel, qui est bel et bien trompé. Il crie d'une voix forte : "Bien malgré vous, j'emporte celui-ci !". Lorsque Chanteclerc sent les mâchoires se desserrer, il bat des ailes et s'envole sur un pommier. Et Renart reste en bas sur un tas de fumier, penaud et dépité d'avoir laissé échapper sa proie. ... »