Mort de Francine
Schaunard jouant du piano
Schaunard, Colline et Rodolphe font la connaissance de Marcel
Scènes de la vie de Bohème illustrée par Robaudi
Henry Murger (1822-1861), auteur. Alcilde Robaudi (1850-1928), illustrateur., 1913.
Paris, Éditeur L. Carteret
BnF, département Littérature et art, 4-Y2-6405
© Bibliothèque nationale de France
« Au milieu de ce charivari, la porte de la chambre s'ouvrit subitement, et l'on vit paraître sur le seuil un personnage qui tenait à la main un flambeau à trois branches où brûlait de la bougie rose.
« Que désirez-vous, messieurs ? demanda-t-il en saluant courtoisement les trois amis.
— Ah! ciel, qu'ai-je fait ? je me suis trompé; ce n'est pas ici chez moi, fit Schaunard.
— Monsieur, ajoutèrent ensemble Colline et Rodolphe, en s'adressant au personnage qui était venu ouvrir, veuillez excuser notre ami; il est gris jusqu'à la troisième capucine. »
Tout à coup un éclair de lucidité traversa l'ivresse de
Schaunard ; il venait de lire sur sa porte cette ligne écrite avec du blanc d'Espagne :
« Je suis venue trois fois pour chercher mes étrennes. PHÉMIE. »
« Mais si, mais si, au fait, je suis chez moi! s'écria-t-il; voilà bien la carte de visite que Phémie est venue me remettre au jour de l'an : c'est bien ma porte.
— Mon Dieu ! monsieur, dit Rodolphe, je suis vraiment confus.
— Croyez, monsieur, ajouta Colline, que de mon côté je collabore activement à la confusion de mon ami. »
Le jeune homme ne pouvait s'empêcher de rire.
« Si vous voulez entrer chez moi un instant, répondit-il, sans doute que votre ami, dès qu'il aura vu les lieux, reconnaîtra son erreur.
— Volontiers. »
Et le poète et le philosophe, prenant Schaunard chacun par un bras, l'introduisirent dans la chambre, ou plutôt dans le palais de Marcel, qu'on aura sans doute reconnu. »
 
 

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