Peines de cœur d’une chatte anglaise
Vie privée et publique des animaux
Guide-âne à l’usage des animaux qui veulent parvenir aux honneurs
Voyage d’un lion d’Afrique à Paris
Dans les Scènes de la vie privée et publique des animaux
Grandville (1803-1847), illustrateur ; Jules Hetzel, éditeur ; Paulin, éditeur, 1842.
2 vol. gr. in-8°, fig., pl., frontisp.
BnF, Réserve des livres rares, RES-Y2-1007
© Bibliothèque nationale de France
Un lion d’Afrique vient parfaire son éducation à Paris et raconte son voyage à son père. Après avoir été enfermé au zoo du Jardin des Plantes, un lieu récurrent des Scènes de la vie privée et publique des animaux, il parcourt la capitale pendant la période du carnaval. Un Tigre lui sert de laquais et un Chien de guide.

« Figurez-vous, cher et auguste père, qu’un Lion de Paris est un jeune Homme qui se met aux pieds des bottes vernies d’une valeur de trente francs, sur la tête un chapeau à poil ras de vingt francs, qui porte un habit de cent vingt francs, un gilet de quarante au plus et un pantalon de soixante francs. Ajoutez à ces guenilles une frisure de cinquante centimes, des gants de trois francs, une cravate de vingt francs, une canne de cent francs et des breloque valant au plus deux cents francs ; sans y comprendre une montre qui se paye rarement, vous obtenez un total de cinq cent quatre-vingt francs cinquante centimes, dont l’emploi ainsi distribué sur la personne rend un Homme si fier qu’il usurpe aussitôt notre royal nom. Donc, avec cinq cent quatre-vingt francs cinquante centimes, on peut se dire supérieur à tous les gens à talents de Paris […] Soyez un grand poète, un grand orateur, un Homme de cœur ou de courage, un illustre artiste, si vous manquez vous harnacher de ces vétilles, on ne vous regarde point. »

Honoré de Balzac, Voyage d’un lion d’Afrique à Paris dans Scènes de la vie privée et publique des animaux.
>Texte intégral dans Gallica : J. Hetzel et Paulin, Paris, 1842
 
 

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