Mathô
Hamilcar
Taanach, suivante de Salammbô
Maquette de costume
Le chef numide Narr’Havas
Maquette de costume : Salammbô
Eugène Carpezat (1833-1912), costumier ; Ernest Reyer (1823-1909), compositeur, 1891.
BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra, D 216 47
© Bibliothèque nationale de France
Après Madame Bovary, Flaubert a envie d'« épopées gigantesques », ce sera Salammbô, inspiré par la révolte des mercenaires contre Carthage au IIIe siècle avant Jésus-Christ. Il invente la passion de Mâtho, chef des mercenaires, pour Salammbô, la fille d'Hamilcar, un des hauts dignitaires de Carthage. Flaubert se documente pendant des mois, puis entreprend un voyage en Tunisie pour s'imprégner des paysages et de la lumière. Il connaît également les peintures orientales de ses contemporains, comme Delacroix, Decamps et Horace Vernet. Flaubert, par son style éclatant, fait renaître la Carthage punique et le fracas des batailles.
Le roman remporte un grand succès et Flaubert reçoit des propositions pour des éditions populaires illustrées. Mais il refuse, car il considère que l'illustration amoindrit le pouvoir d'évocation des mots. En revanche, il accepte que Salammbô soit adapté à l'Opéra. Ernest Reyer s'attelle à la composition. Il sera créé après la mort de Flaubert, le 10 février 1890, à Bruxelles avec Rose Caron dans le rôle de Salammbô.

Le chef des Numides, Narr’Havas tombe amoureux de Salammbô, la fille d’Hamilcar. Trahissant les mercenaires, il finit par s’allier à Hamilcar et obtient d’épouser Salammbô, qui meurt le jour de leur mariage.

« On entendit un murmure de voix, des torches brillèrent, et Narr'Havas entra, suivi d'une vingtaine d'hommes environ.
Ils portaient des manteaux de laine blanche, de longs poignards, des colliers de cuir, des pendants d'oreille en bois, des chaussures en peau d'hyène ; et, restés sur le seuil, ils s'appuyaient contre leurs lances comme des pasteurs qui se reposent. Narr'Havas était le plus beau de tous ; des courroies garnies de perles serraient ses bras minces ; le cercle d'or attachant autour de sa tête son large vêtement retenait une plume d'autruche qui lui pendait par derrière l'épaule ; un continuel sourire découvrait ses dents ; ses yeux semblaient aiguisés comme des flèches, et il y avait dans toute sa personne quelque chose d'attentif et de léger. »

Gustave Flaubert, Salammbô, chapitre VII, 1862.
>Texte intégral dans Gallica : Paris, Charpentier, 1879
 
 

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