La Vie de bohème illustrée par André Gill
Schaunard : « il se mit à exécuter dans sa chambre une chorégraphie de sa composition »
Les trois amis : « ils n’avaient pas fait dix pas dans la rue »
Fantaisie de Musette : « L’endroit est d’ailleurs habitable et parfaitement réparé »
« Je t’embrasse autant que tu voudras ». Marcel.
Mademoiselle Mimi
La Vie de bohème illustrée par Gill
Henry Murger (1822-1861), auteur. André Gill (1840-1885), illustrateur, Vers 1873.
Paris, Librairie illustrée
BnF, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4-Z LE SENNE-1058
© Bibliothèque nationale de France
« Mimi était une charmante femme et d’une nature qui convenait particulièrement aux sympathies plastiques et poétiques de Rodolphe. Elle avait vingt-deux ans ; elle était petite, délicate, mièvre. Son visage semblait l’ébauche d’une figure aristocratique ; mais ses traits, d’une certaine finesse et comme doucement éclairés par les lueurs de ses yeux bleus et limpides, prenaient en de certains moments d’ennui ou d’humeur un caractère de brutalité presque fauve, où un physiologiste aurait peut-être reconnu l’indice d’un profond égoïsme ou d’une grande insensibilité. Mais c’était le plus souvent une charmante tête au sourire jeune et frais, aux regards tendres ou pleins d’impérieuse coquetterie. Le sang de la jeunesse courait chaud et rapide dans ses veines, et colorait de teintes rosées sa peau transparente aux blancheurs de camélia. Cette beauté maladive séduisait Rodolphe, et il passait souvent, la nuit, bien des heures à couronner de baisers le front pâle de sa maîtresse endormie, dont les yeux humides et lassés brillaient à demi-clos sous le rideau de ses magnifiques cheveux bruns. »
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu