Julie brutalisée par son père
Dispute entre Saint-Preux et Édouard
Le premier baiser de l’amour
Julie et Saint-Preux dans la tempête
Saint-Preux embrasse Julie malade
« Aidé de la Sagesse, on se sauve de l'amour dans les bras de la Raison »
Le premier baiser
Saint-Preux et Claire au clavecin : « Il appliqua sur sa main un baiser… »
Édition annotée de la main de Rousseau dite « Duchesne-Coindet »
Le premier baiser de l’amour
Le premier baiser de l'amour
Saint-Preux provoque Édouard en duel
Saint-Preux infidèle
Saint-Preux accueilli à Clarens
Retour imprévu de Claire à Clarens
Julie sauve son fils qui se noie
La mort de Julie
Le premier baiser
Le Baiser dans le bosquet
Illustration pour Julie ou La Nouvelle Héloïse
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), auteur ; Nicolas-André Monsiau (1754-1837), illustrateur ; Antoine-Cosme Giraud (1760-1840?), graveur, 1793.
BnF, Réserve des livres rares, RES-Z-515
© Bibliothèque nationale de France
« En approchant du bosquet j’aperçus, non sans une émotion secrète, vos signes d’intelligence, vos sourires mutuels, et le coloris de tes joues prendre un nouvel éclat. En y rentrant, je vis avec surprise ta cousine s’approcher de moi et d’un air plaisamment suppliant me demander un baiser. Sans rien comprendre à ce mystère, j’embrassai cette charmante amie, et, tout aimable, toute piquante qu’elle est, je ne connus jamais mieux, que les sensations ne sont rien que ce que le cœur les fait être. Mais que devins-je un moment après, quand je sentis... la main me tremble... un doux frémissement... ta bouche de roses... la bouche de Julie... se poser, se presser sur la mienne, et mon corps serré dans tes bras ? Non, le feu du ciel n’est pas plus vif ni plus prompt que celui qui vint à l’instant m’embraser. Toutes les parties de moi-même se rassemblèrent sous ce toucher délicieux. Le feu s’exhalait avec nos soupirs de nos lèvres brûlantes et mon cœur se mourait sous le poids de la volupté... quand tout à coup je te vis pâlir, fermer tes beaux yeux, t’appuyer sur ta cousine, et tomber en défaillance. Ainsi la frayeur éteignit le plaisir et mon bonheur ne fut qu’un éclair. A peine sais-je ce qui m’est arrivé depuis ce fatal moment. L’impression profonde que j’ai reçue ne peut plus s’effacer. Une faveur ?... c’est un tourment horrible... Non garde tes baisers, je ne les saurais supporter... ils sont trop âcres, trop pénétrants, ils percent, ils brûlent jusqu’à la moelle... ils me rendraient furieux. Un seul, un seul m’a jeté dans un égarement dont je ne puis plus revenir. Je ne suis plus le même. »
(NH, Première partie, Lettre 14)
 
 

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