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Tous les savoirs du monde :
Les grands livres de la nature

[Les dossiers pédagogiques]

1. Naissance de la botanique
2. Le Jardin des Plantes
3. Voyages et progrès des sciences naturelles
4. Les vélins du Muséum d'histoire naturelle

[Sommaire du Cahier TSM]

2. Le Jardin des Plantes

Les débuts du Jardin des Plantes furent lents et difficiles. C’est le médecin ordinaire de Louis XIII, Guy de La Brosse (1586-1641), passionné de botanique, qui obtint le 6 juillet 1626 des lettres patentes du roi, ordonnant la construction, dans un faubourg de Paris, d’un « Jardin des Simples » destiné à cultiver et à conserver in vivo « toute sorte d’herbes médicinales pour servir ceux qui en auraient besoin, même pour l’instruction des écoliers de l’Université de médecine. »

Mais l’édit royal ne fut signé qu’en 1635 et le Jardin inauguré seulement en 1640, un an avant la mort de son intendant. Sa création avait été retardée par l’opposition de la Faculté de médecine qui avait ne voyait pas d’un très bon oeil arriver un enseignement rival du sien. Guy de La Brosse avait en effet demandé que soit placé sous la tutelle du Jardin un enseignement de la botanique et de la chimie. Le roi décida de laisser à la Sorbonne le privilège de délivrer les diplômes, mais autorisa le Jardin à enseigner en toute indépendance : il en nommait lui-même les professeurs.

Le « Jardin royal des Plantes médicinales » bénéficia d’un développement très important durant les vingt-cinq ans d’intendance de Guy Crescent Fagon, le petit-neveu de Guy de La Brosse. Il attira de jeunes savants comme Tournefort, Plumier, Feuillée, Sébastien Vaillant, les envoya en missions lointaines (Plumier aux Antilles, Tournefort au Levant) et effectua des expériences d’acclimatation avec les plantes rapportées. C’est ainsi qu’il inventa les serres pour faire pousser les plants de café de Vaillant. À sa mort (1718), la charge de surintendant, qui revenait traditionnellement au premier médecin du roi, fut séparée de ce titre - la botanique se libérant ainsi de plus en plus de la médecine - et le jardin devint « Jardin du Roi ».


Jacques de Sève et Buvée, Figures pour l'histoire des quadrupèdes par M. Buffon
Paris, BnF

L’intendance la plus célèbre et la plus remarquable, non seulement par sa durée (près d’un demi-siècle, de 1739 à 1788), mais surtout par les enrichissements apportés au Jardin et à ses collections, est celle de Buffon. Exploitant forestier, agronome et métallurgiste (il employa dans ses forges jusqu’à quatre cents ouvriers), mais aussi mathématicien, physicien, chimiste, cet érudit est un parfait représentant du siècle des Lumières et de l’esprit de l’Encyclopédie, bien qu’il ne participât point à cette aventure éditoriale. Ce fut aussi un grand administrateur, qui sut s’entourer de collaborateurs talentueux (Daubenton, Lamarck, Thouin), et un habile manoeuvrier qui fit parfois passer ses préoccupations carriéristes avant ses convictions scientifiques.

Le dernier intendant du Jardin, Bernardin de Saint-Pierre en 1792, eut juste le temps de déposer un projet auprès du ministère de l’Intérieur : installer une ménagerie dans l’enceinte du Jardin et sauver du même coup les animaux de la Ménagerie du Roi à Versailles, qui étaient dans un état pitoyable. Le premier directeur du Muséum élu par ses collègues fut Daubenton, en 1793. Ce médecin était entré au Jardin en 1742, appelé par Buffon, natif comme lui de Montbard et ami de sa famille, qui lui avait fait obtenir le titre de garde et démonstrateur du « Cabinet du Roi », le musée de l’époque, dont il fut le premier à organiser les collections. C’est à lui qu’il revint de moderniser le Jardin du Roi et de le transformer en Muséum.

 

1. Naissance de la botanique
2. Le Jardin des Plantes
3. Voyages et progrès des sciences naturelles
4. Les vélins du Muséum d'histoire naturelle
 
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